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TAKENOUCHI DOCUMENTS TOME III : Chapitre 1

Les Amérindiens parlaient Japonais !

Le Japonais était une langue universelle dans l'antiquité la plus reculée

Un certain nombre d'historiens pensent qu'il existait une relation particulière entre les Japonais et les Hébreux dans les temps anciens. Certains historiens vont même jusqu'à suggérer que les Japonais sont des descendants des dix tribus d'Israël (3) dont on perd la trace après le déclin du Royaume d'Israël. Un des indices les plus convaincants de cette origine commune se trouve dans les similitudes linguistiques.

Je vais vous en donner quelques exemples. Les Japonais disent koruyoda (comme la glace) quand il fait très froid. Et en Hébreu on dit koru. Naku (pleurer) en Japonais se dit hanaku en Hébreu, et hakushu (applaudir) en Japonais se dit hakashu en Hébreu. J'ai trouvé ainsi beaucoup d'autres mots ayant la même sonorité et la même signification, ce qui ne peut pas être une simple coïncidence. « Bonjour » en Japonais se dit ohayo, et en Hébreu cela se dit boketofu. Ces deux mots n'ont pas l'air bien proches, mais quand on considère que boketeru en Japonais vient de neboke (« encore à moitié endormi le matin »), on voit bien la relation. Ainsi il semblerait bien qu'il y ait un rapport entre les deux langues.

Si ces ressemblances ne sont pas le fruit du hasard, alors quelle est celle des deux langues qui a influencé l'autre ? En d'autres termes, est-ce la langue hébraïque qui a adopté des mots japonais ou l'inverse ? Et dans ce cas, quelle est la nature de ce lien entre le Japon et Israël ? Tant que nous ne saurons pas quelle langue pré-existait à l'autre, il sera difficile de dire quelle est la nation qui a influencé l'autre. Il y a une réponse claire à cette question dans les Documents Takenouchi, car ils rapportent l'histoire des temps les plus reculés. Les Documents Takenouchi disent clairement que tous les peuples de la Terre descendent des Sumera-Mikotos, que le Japon ancien était la mèrepatrie de toutes les nations, et que les Sumera-Mikotos nommaient les rois des nations (Mittoson) pour être les gouverneurs régionaux des autres pays. À partir de là, des mots de la langue japonaise d'alors ont dû se répandre dans le monde entier. Le Japonais était une langue de référence dans l'antiquité reculée. Elle s'est ensuite graduellement transformée avec le temps à cause des Tenpenchii (bouleversements du ciel et de la terre) et de la perte de l'influence des Sumera-Mikotos, entraînant la disparition de la langue japonaise originelle. Il y a dans le monde entier des légendes sur une langue unique qui existait dans les temps anciens. En réalité ce n'est pas une légende mais un fait historique. L'une des plus connues est celle de la Tour de Babel dans l'Ancien Testament. D'après cette légende, les êtres humains ne parlaient qu'une seule langue jusqu'à ce que la Tour de Babel soit construite. Dieu s'est senti offensé par cette tour, par laquelle les hommes le défiaient. Alors Dieu détruisit la tour et divisa les hommes en multipliant leurs langues. Si cette histoire est rapportée dans l'Ancien Testament c'est probablement parce qu'un événement de ce type s'est véritablement produit. Les peuples de l'antiquité n'inventaient pas d'histoire à partir de rien. Il faut bien se dire que même si cette histoire semble étrange, sa source provient d'un événement s'étant réellement produit.

La première apparition du peuple Juif dans l'histoire se trouve à l'époque de la civilisation Mésopotamienne dans la région du Tigre. Dans les Documents Takenouchi, le fondateur de la civilisation Mésopotamienne s'appelait Yoiropa Adam-Eve Akahito Mesotai (akahito = peuple rouge), et c'était un des seize princes et princesses envoyés à travers le monde par le Sumera- Mikoto. Dans l'Ancien Testament il est dit que les premiers êtres humains apparus sur Terre étaient Adam et Ève. Ces deux noms dérivent du nom de Yoiropa Adam-Eve Akahito Mesotai, premier ancêtre des Mésopotamiens.

Si les Hébreux ont conservé dans leur langue des mots japonais sans grandes modifications c'est parce que les Juifs étaient fidèles aux anciens commandements. J'ai fait le tour du monde afin de chercher des preuves attestant de l'authenticité des Documents Takenouchi. J'ai ainsi pu retrouver des mots provenant de l'ancien Japonais dans les villes et les nations du monde entier. Je n'avais alors trouvé que chez les Juifs autant de mots japonais conservés dans leur langue jusqu'à ce que je trouve une population qui en avait gardé encore plus que les Juifs : les Indiens d'Amérique.

Les mots japonais Achi, Kochi et Nanji dans la langue des Navajos

De nos jours, la plupart des Amérindiens ont délaissé l'usage de leur langue maternelle pour celle du conquérant blanc. Il y a une longue et douloureuse histoire qui les a forcé à parler la langue de l'envahisseur pour pouvoir survivre. C'est ainsi que la plupart des langues amérindiennes se sont perdues et qu'il ne reste plus qu'une poignée d'individus pour s'en rappeler le sens et l'origine. Mais mes recherches m'ont démontré que les langues parlées par les Amérindiens jusqu'au XVIe s. étaient apparentées au Japonais. Certains mots avaient disparu mais d'autres existaient toujours dans les noms des tribus ou les noms propres des gens.

J'ai pris conscience de cette réalité suite à un coup de pouce du destin. C'était en Juin 1994 tandis que je me rendais à Mesa, lieu sacré des Hopis. Là, en plein désert de l'Arizona, un guide touristique qui était un indien Navajo, me faisait faire la visite en Anglais. Je lui ai demandé en Japonais « Acchi ga Blackmesa desuka (est-ce que Blackmesa se trouve par là-bas) ? » et le guide m'a alors regardé avec une expression curieuse sur le visage. Au même moment, il y a une grosse abeille qui s'est posée sur ma jambe, et je lui ai dit en Japonais « Kocchi ni hachiga (il y a des abeilles par ici) ». Le guide, très surpris par mes paroles m'a alors posé quelques questions, et c'est moi qui ai fini par être le plus surpris. En effet, il m'a appris qu'en langue Navajo un lieu éloigné était désigné par « acchi » (là-bas) et un lieu proche par « kocchi » (ici). Alors j'ai demandé au guide comment on disait « vous » dans sa langue. Il m'a répondu « nanji », ce qui a la même signification en Japonais, mais c'est un mot ancien, datant de la période des Samouraï, inusité en Japonais moderne.

J'ai vécu une autre expérience très intéressante lors d'un congrès sur les pétroglyphes (4). Je faisais du tourisme avec mon voisin et vieil ami Fujiwara Hoshihiro, connu pour ses contacts avec les extra-terrestres. Un jour nous avons décidé de nous rendre quelque part en voiture et nous avons demandé à une personne du coin qui connaissait les lieux de bien vouloir conduire. En Amérique il n'y a pas la même circulation qu'au Japon, il n'y a plus d'embouteillage dès qu'on s'éloigne des grandes villes. Nous étions en route vers notre destination sur une belle route agréable, mais il y avait une vitesse limite, même en zone rurale. Et Fujiwara a vu qu'il y avait un radar de vitesse devant nous et a demandé au conducteur de ralentir, en disant « Joko » en Japonais. Dans son empressement Fujiwara ne s'était pas rendu compte que le conducteur ne parlait pas Japonais. Mais il a ralenti et nous sommes passés sans problème devant le radar.

M. et Mme. Nakai (au centre) à qui j'ai parlé Japonais (Acchi, Kocchi et Nanji), et l'auteur (à droite)

Ancien de la tribu des Navajos avec son visage profondément ridé (extrait de « Portrait of Native Americans » [Portrait des premiers américains])

Nous étions soulagés, et en même temps Fujiwara et moi nous nous sommes regardés en nous demandant pourquoi le conducteur avait ralenti, comme s'il avait compris ce qui avait été dit en Japonais. Mais vu la conversation que nous avions eu précédemment avec lui nous savions qu'il ne parlait pas Japonais. Et pourtant il avait ralenti.

Poussés par la curiosité nous avons demandé au chauffeur pourquoi il avait ralenti. Il nous a fait cette réponse surprenante, que dans sa langue « jyoko » voulait dire « ralentir » (en fait la prononciation japonaise exacte est « jokô »). Ce monsieur était un Navajo, et il s'appelait William Nakai.

Comme j'étais déjà en train de rechercher des traces archéologiques se rapportant au Japon partout dans le monde, j'ai senti intuitivement que sa langue avait très certainement un rapport avec l'ancien Japonais. Alors j'ai essayé de savoir combien de mots japonais il arrivait à comprendre en prononçant tous les mots qui me passaient par la tête. Il en comprenait bien plus que je ne pensais. J'ai fini par réaliser que la langue parlée par ces Amérindiens était bien plus proche du Japonais que l'Hébreu, tant par la sonorité que par le sens des mots.

Une culture qui a pour valeurs la paix et l'harmonie, héritée par les Amérindiens

Dans la tribu des Navajos, beaucoup d'autres mots japonais sont présents dans leur langage, comme par exemple « anji » (allusion ou suggestion). L'homme m'en a expliqué le sens dans sa langue maternelle. « Anji » est un demi-cercle imaginaire qui serait sous la terre et qui serait le reflet d'un véritable arc-en-ciel présent dans le ciel. Autrement-dit, la présence d'un arc-en-ciel suggère l'existence d'un autre arc-en-ciel, sous la terre. C'est un concept très voisin du concept japonais d'harmonie qui existait au temps jadis où le Japon réalisait l'unité du monde. La tribu Navajo n'a pas seulement hérité des mots, elle a aussi hérité du sens qui se cache derrière les mots.

Dans les Documents Takenouchi il est dit que les civilisations de la haute antiquité prônaient l'harmonie. « S'il y a wa (l'harmonie), alors tout va bien », disait-on. « Wa » est représentée par un anneau, un cercle ou une sphère. L'exemple du concept d' « anji » montre cette référence au cercle, puisque leur arc-en-ciel a la forme d'un cercle, pas d'un demi-cercle. Ainsi, on voit que le concept selon lequel toute chose a une forme parfaite (le cercle) existe chez les peuples qui remontent à l'extrême antiquité.

Ce concept de « wa » a été conservé également dans d'autres tribus indiennes que celle des Navajos. On trouve ce concept dans les légendes sacrées des Sioux. « Le modèle de comportement des Amérindiens se définit par rapport à un cercle. Cela est dû au fait que la puissance de l'univers fonctionne en cercle et que toute chose tend à prendre une forme ronde. Au temps jadis où notre tribu était en paix, notre puissance était générée à partir d'un cercle sacrée. Tant que ce cercle n'était pas détruit, la tribu continuait à prospérer ». Tel est l'enseignement de « wa » (cercle). Ici, le cercle désigne évidemment l'harmonie. Cette légende pourrait très bien provenir des concepts introduits par les Sumera-Mikoto dans l'extrême antiquité, au temps où le monde était unifié sous sa bannière.

Il y a aussi une autre découverte qui mérite qu'on s'y arrête ; c'est le fait qu'il existe dans les langues amérindiennes de nombreuses formes idiomatiques qui correspondent à celles qui existent en Japonais (par exemple, en dehors de « anji », il y a aussi le mot « hojyo » qui était utilisé par les Navajos). Cette découverte est capitale pour comprendre l'origine de la langue japonaise. L'écriture japonaise moderne est basée sur l'usage combiné de Kanjis (idéogrammes) et de Hiragana (alphabet phonétique). Du fait que la langue japonaise comporte de nombreux homonymes, les idéogrammes jouent un rôle important pour déterminer le sens d'un mot. Dans les formes idiomatiques en particulier, il peut y avoir plusieurs significations différentes selon la combinaison des idéogrammes. On pense généralement que ces formes idiomatiques ont été créées pour pouvoir dire le maximum de choses avec le moins d'idéogrammes possibles, en jouant sur leurs combinaisons et leur prononciation phonétique. Or on retrouve ces formes idiomatiques japonaises dans la langue Navajo, avec les mêmes sons ayant le même sens alors qu'ils ne se servent pas d'idéogrammes. Qu'est-ce que cela suggère ? Que les formes idiomatiques ne sont pas nées d'une combinaison d'idéogrammes, mais plutôt que ce sont les idéogrammes qui ont été appliqués à des formes idiomatiques préexistantes. Ceci est une découverte majeure qui pourrait nous faire reconsidérer les liens entre le Japonais et les idéogrammes. On peut affirmer que les mots japonais existaient avant l'apparition des idéogrammes. On pense généralement que l'écriture n'existait pas au Japon avant l'introduction des idéogrammes en provenance de Chine, marquant le début de la civilisation, mais cela pourrait très bien être faux.

Dans les Documents Takenouchi, il est dit que les empereurs chinois légendaires Fuxi et Shennong, (deux des Trois Augustes), sont venus au Japon pour apprendre les caractères écrits auprès du Sumera-Mikoto de la 53ème génération de la dynastie Fukiaezu. Si les idéogrammes sont originaires du Japon, alors les caractères divins rapportés par les Documents Takenouchi ne peuvent être ignorés. Takahashi Yoshinori, qui est un chercheur en écritures anciennes et un ami, m'a dit qu'il avait réussi à décoder d'anciens pictogrammes et certains caractères inconnus en leur appliquant les caractères divins (anciens caractères japonais). Il se pourrait bien que dans un avenir proche on arrive à décoder tous les caractères écrits des Amérindiens et ainsi nous saurons comment ils vivaient dans les temps reculés.

Les Brésiliens ont-ils rencontré d'anciens Japonais arrivés au cours d'une période de colonisation antérieure ?

Des recherches plus poussées m'ont révélé que des mots de la langue japonaise sont présents aussi dans d'autres tribus que celle des Navajos. Quand je me suis rendu à São Paulo au Brésil, j'ai rencontré Mitsuto Mizumoto (aujourd'hui décédé), président du journal São Paulo Newspaper Company. Comme mon travail de routine consistait à poser des questions sur l'origine des toponymes, j'en ai posé une sur la ville de São Paulo : « Quel était l'ancien nom de São Paulo dans la langue indigène ? » Mizumoto m'a répondu après un temps de réflexion : « son nom originel était Ipiranga ». Traversé par une idée, j'ai alors demandé, confiant : « Y a t-il une grande falaise à São Paulo ? » Mizuki a hésité un peu car ma question était hors sujet. Il ne pouvait dissimuler son étonnement et m'a fait cette réponse inattendue : « Oui, absolument. Mais comment le savezvous ? »

En fait j'avais posé cette question à brûle-pourpoint car je savais que « pira » était un ancien mot japonais faisant référence à une falaise. En effet, les sites de Hayopira à Hiratori (Piratori) dans la région de Hidaka à Hokkaïdo, de Ôhira (Ôpira) à Sendai dans la région de Tôhoku, et de Ôpira à Kyushu possèdent tous une falaise. De plus « i » signifie « grand », ce qui fait que « i-pira-nga » pouvait signifier « grande falaise » en ancien japonais. Cette interprétation n'était basée que sur mon intuition. J'ai expliqué tout cela à Mizuki qui, fort intéressé, m'a apporté un livre sur les indiens Tupi. Ce livre, écrit par un chercheur portugais, traitait des langues des indiens Tupis. Il avait été traduit par un Brésilien d'origine japonaise, très impressionné par ce livre qui lui montrait que la langue des indiens Tupis ressemblait beaucoup au Japonais.

Ce livre expliquait qu'il existe une source d'information disant ceci : au cours de la première migration de Japonais au Brésil, lorsque « nos lointains compatriotes (japonais) se sont enfoncés (dans la jungle), ils sont tombés sur des Japonais déjà arrivés avant eux ». D'après ce livre, ces premiers colons japonais étaient chaussés de sandales de paille et étaient vêtus d'un imperméable en paille. Il y avait un gros fruit qu'ils appelaient « kaki » (plaqueminier) et un objet crochu appelé « ibitsu ». Ils ajoutaient le suffixe « ka » à la fin de leurs phrases interrogatives (comme en Japonais actuel). Il n'est pas difficile d'admettre que ces colons ont pensé que ces prédécesseurs étaient d'origine japonaise à cause de la similitude de leur langue avec le Japonais. Or il s'est avéré par la suite qu'il s'agissait des indiens Tupis. Par la suite j'ai découvert que les deux tribus, les Navajos et les Tupis, avaient beaucoup de mots japonais dans leur langue. Si j'arrive à poursuivre plus avant ces recherches en les élargissant à toutes les langues amérindiennes, il se pourrait que l'on trouve de nouvelles preuves en faveur des Documents Takenouchi.

J'ai fait quatre voyages aux États-Unis et à chaque fois j'ai continué mes recherches sur les Amérindiens partout où je me suis rendu. Les résultats ont été merveilleux. J'ai fait une nouvelle découverte en chemin vers San Diego en Californie, alors que j'étais en voiture avec Don R. Sumisana, l'auteur de « America – Land of the Rising Sun » [L'Amérique, pays du soleil levant], aux éditions Tokuma Shoten. À un moment, Sumisana a vu quelque chose et s'est exclamé : « Ishibei ! Ishibei ! ». Il y avait une ligne avec un bloc de béton en forme de L sur l'autoroute. Selon lui, les Amérindiens de cette région appellent « ishibei » un mur de pierre. J 'étais stupéfait car « ishibei » est un mot japonais, et les Amérindiens utilisent ce mot également ! En faisant de plus amples recherches j'ai découvert que les Indiens d'Amérique du Nord appellent un outil de pierre « ishi », mot qui signifie « pierre » en Japonais. Les Indiens d'Amérique du Sud appellent une brique de boue séchée « adbei », et ce même mot signifie « mur en pisé » en Japonais. Il s'agit d'une brique fabriquée à partir d'un mélange de boue et de fibres végétales, séchées au soleil jusqu'à devenir solide. En Japonais, le mot pour désigner cela est « adobe ».

De nombreuses surprises m'attendaient en divers endroits des États-Unis. La chose la plus surprenante qui me soit arrivée s'est produite en Virginie en Décembre 1995 alors que j'avais acheté un poster qui contenait les noms de toutes les tribus amérindiennes. J'arrivais à lire et à comprendre le sens de leurs noms dans la langue japonaise ! Alors j'ai essayé pendant quatre jours de comprendre la signification qui se cachait derrière les noms des tribus amérindiennes, et j'ai réussi à lire ces noms en Japonais et à en saisir le sens (voir le tableau comparatif sur les Amérindiens). Les Amérindiens utilisaient des mots japonais dans leurs langues et avaient bâti des sociétés où la nature et l'homme coexistaient jusqu'à l'arrivée des Européens en Amérique au XVIe s. Des investigations plus poussées m'ont suggéré que leur mode de vie était étonnamment similaire à celui du peuple Jomon dans l'ancien Japon.

Le Lac Anna (ana = trou en Japonais) est un trou

Contrairement aux mots courants de la langue parlée, les noms de lieux ne changent guère. Même lorsqu'un territoire est occupé par un nouvel arrivant, les noms de lieux sont souvent conservés. Il y a un bon exemple de cela avec la langue des Aïnous (le peuple indigène du Japon) qui est toujours en vigueur en ce qui concerne nombre de toponymes à Hokkaïdo (l'île du Nord). Où que j'aie voyagé, j'ai toujours essayé de savoir quel était le nom indigène des lieux. Hélas, avec le temps, le sens et l'origine des noms de lieux a été oublié et il n'en est plus resté que de simples noms propres comme Wakkanai, Oshamanbe et Shibecha, bien connus à Hokkaïdo. Mais personne n'est capable d'expliquer le sens de ces noms de lieu à moins de bien connaître la langue des Aïnous. Il en est de même avec les toponymes américains.

Quand je suis allé rendre visite à mon ami Paul Carr, qui habite en Virginie, j'ai essayé de trouver sur une carte les noms de lieux qui se rapprochaient de mots japonais. J'ai trouvé le Lac Anna, situé près de chez Paul. Je lui ai posé cette question en attendant une certaine réponse : « Quelle sorte d'endroit est le Lac Anna ? Je crois qu'il devrait y avoir un trou non loin de là. Est-ce que tu as déjà vu un trou ? » Mais sa réponse n'a pas comblé ma curiosité : « Hélas il n'y a aucun trou par là. Ce lac n'a rien de particulier, c'est juste un beau lac. » Tandis que je rongeais mon frein après cette réponse, le père de Paul, qui avait entendu notre conversation, est venu se joindre à nous. Il a dit : « Paul, tu ne savais pas que c'était un lac artificiel ? Aujourd'hui il est rempli d'eau mais autrefois c'était un trou sans eau. Il a été créé en mettant à profit cette dépression. » Le Lac Anna était donc bien un trou ! Cette découverte dépassait toutes mes attentes. Alors j'ai demandé à son père s'il connaissait l'origine du nom du lac Anna, mais il ne la connaissait pas, car les gens du coin l'avaient toujours appelé ainsi. Je suis allé poser la question à d'autres personnes, mais aucune ne savait. C'est aujourd'hui un joli lac rempli d'eau. J'étais convaincu qu'Anna venait d'un mot japonais signifiant « trou », parce que le lac existait depuis suffisamment longtemps pour que les gens du coin aient oublié la signification de son nom. Le père de Paul se demandait ce qui m'enthousiasmait à ce point, et je lui ai expliqué qu' Anna avait la même sonorité et la même signification que le mot japonais « ana ». Il en fut très étonné et m'a dit : « Je vais vous présenter à des Indiens. » Il a appelé la Société Indienne et j'ai pu rencontrer Chritopher Baal, représentant de la Société des Nations Indiennes, et descendant de Pocahontas, rendue célèbre par Walt Dysney. Ma rencontre avec Christopher Baal a été très fructueuse pour l'avancée de mes recherches.

Portrait de Pocahontas (Peinture à l'huile,1921, par Howard Chandler Christy, Illustrators Gallery, New York)

Christopher Baal, dans le style des anciens de la tribu de Pocahontas

Découverte de mots japonais dans les toponymes

J'ai pu trouver ainsi beaucoup de mots japonais dans les noms de lieux, dans des livres ou sur des cartes. Il y a une chose très importante qu'il importe de bien garder présente à l'esprit quand on fait des recherches sur les mots anciens, c'est la façon de les prononcer. Habituellement, les noms des lieux se basent sur une prononciation phonétique et la façon de les écrire est établie d'après la prononciation. Il y a un bon exemple de cela avec les noms de lieux à Hokkaïdo tels que Wakkanai, Oshamambe et Shibecha dont j'ai parlé précédemment. De plus, il est possible que la prononciation actuelle ait légèrement varié par rapport à la prononciation originelle. Les idéogrammes utilisés en Japonais pour les noms de lieux sont parfois très loin du sens originel car ils n'ont été choisis que sur une base phonétique.

Ceux qui ont étudié les langues étrangères sont conscients des difficultés à entendre certains sons. Par exemple les Japonais ont beaucoup de mal avec l'étude de l'Anglais au collège. Ils parviennent pour la plupart à lire et à écrire l'Anglais jusqu'à un certain point, mais ils n'arrivent absolument pas à le parler. Cela est dû au fait que les Japonais essayent de prononcer l'Anglais phonétiquement d'après l'orthographe des mots. En d'autres termes, il y a fossé qui sépare l'orthographe et la prononciation chez les Japonais, même lorsqu'ils connaissent l'Anglais. On peut dire la même chose des Américains. Quand un Américain essaye d'écrire un mot japonais en Anglais, la façon de l'orthographier est basée sur la phonétique, c'est-à-dire qu'il utilise l'alphabet romain adapté au Japonais, le Romanji. Cela entraîne une perte de la sonorité réelle du mot Japonais. De plus, les Américains prononcent les noms de lieux japonais avec l'accent anglais, ce qui détériore définitivement la sonorité japonaise originelle. Il y a un bon exemple de cela avec le Mont Lewis, situé près du Lac Anna. Il s'est avéré que ce nom provenait du nom d'une montagne japonaise appelée Mont Ryuzu. Quel est le rapport entre Lewis et Ryuzu ? Le nom de cette montagne est écrit Lewis et il est prononcé « léwize » en Anglais. Quand on le prononce à la façon japonaise romanisée, cela devient Ryuze (tête de dragon). Ainsi, le nom originel de Lewis devient Ryuze. Dans une ville de cette région, j'ai entendu que le nom de cette montagne provenait d'une personne appelée Lewis, mais j'ai découvert un indice m'indiquant que Lewis signifiait en réalité Ryuze (tête de dragon). La preuve de cela est la présence d'une grotte appelée Luray (ryurei en japonais) dans la montagne. Au Japon il existe un Mont Ryurei où un esprit de dragon (ryurei) est enchâssé. De toute évidence, des esprits de dragons étaient vénérés au Mont Lewis (quand je me suis rendu au Mont Lewis, j'ai vu de magnifiques nuages en forme de dragon).

Panneau d'entrée des grottes Luray

En regardant la carte selon ce point de vue, j'ai réussi à trouver beaucoup de toponymes en rapport avec des mots japonais. Missouri signifie « vendre de l'eau », Miami « panier tressé », Illinois « petit bras de mer », Kansas « région Sud-Ouest » pour n'en citer que quelques uns. Sumisana pensait que Kansas signifiait Kansai (Ouest), mais il m'a semblé que cela voulait dire « Sud-Ouest » pour d'autres raisons. « Kanzashi » en Japonais veut dire aussi « épingle à cheveux décorative ». Dans cette région, les gens coiffent leurs cheveux de différentes façons : la tribu des Osages (en Japonais, « osage » signifie nattes) s'attachent les cheveux en nattes, et la tribu des Quapaws (en Japonais, « kappa » signifie coupe au carré) se coupent les cheveux au carré. Autrement-dit, certains noms de lieux ont probablement un rapport avec les styles de coiffures. Mes recherches m'ont permis de découvrir que les toponymes amérindiens peuvent être lus en japonais, et qu'ils donnent des renseignements sur certains détails géographiques comme pour le Lac Anna, ou sur certaines traditions des tribus comme leur style de coiffure.

Tribus Aléoutes, Osages, Navajos, Anasazis, Ojibwas et Ottawas

Personne ne connaît vraiment la signification des noms des tribus amérindiennes. C'est un mystère pour les amérindiens eux-mêmes. En analysant ces noms du point de vue de la langue japonaise, il s'est avéré que les noms des tribus étaient riches en messages sur l'histoire des tribus par exemple, ou sur leurs caractéristiques physiques, l'historique de leurs implantations ou encore sur les plantes qu'ils cultivaient. Par exemple les Aléoutes ont conservé le souvenir d'avoir traversé le Détroit de Béring dans les temps anciens. Les Osages ont conservé la tradition d'un style particulier de coupe de cheveux au carré, appréciée aussi au Japon. Les Hopis ont conservé une tradition selon laquelle ils descendent de Hohi-no-mikoto, fils de Susano-wo-no-mikoto, dont il est question entre autres dans les Documents Takenouchi. Les Navajos disent qu'ils vivaient dans des cavernes. Leur nom original aurait été Anabaho (lieu où se trouve un trou), dont le A se serait perdu on ne sait pourquoi. Les Navajos sont aussi connus sous le nom d'Indiens Anasazis, et en Japonais, « ana sachi » signifie littéralement « trou béni », ce qui évoque une tribu vivant dans une caverne et qui reçoit les bienfaits de la mer et de la montagne. Le nom des Ojibwas (oji = oncle et oba = tante en Japonais) suggère que leurs traits physiques ressemblent à ceux de l'oncle ou la tante du Sumera-Mikoto. Le nom des Indiens Ottawas (littéralement : « Quelle surprise ! ») indiquerait que le Sumera-Mikoto a été étonné de trouver cette tribu. Les Tonkawas (tomu = riche, kawa = rivière) qui vivent au bord d'une rivière généreuse devaient lui témoigner leur respect à travers leur nom. Les Tamaulipèques (tamauripekku = vente de bijoux) devaient probablement s'adonner au commerce de bijoux. Les Pimas (hima = temps libre, loisir) sont une tribu qui devait avoir beaucoup de loisirs. Les Iroquois (iro = couleur, kuroi = noire) devaient avoir la peau foncée, les Quapaws les cheveux coupés au carré, et les Kansas devaient porter de belles épingles à cheveux décorées. Dans la tribu des Assiniboines (ashi = jambes, ribon = ruban) on devait porter des rubans attachés aux jambes.

Certains noms de tribus viennent de traits comportementaux. Les Mandans (mandan = papotage, histoire drôle) devaient passer du temps à discuter futilement. Les Coras (hé, vous !) ont dû se faire réprimander pour le bruit qu'ils faisaient. La tribu des Chinsians (chinshi = réflexion profonde) devait être connue pour ses profondes réflexions. Les Hidatsas (hidatosa = c'était un feu), aimaient le tabac, donc ils avaient du feu en abondance. Les Shawnee (tempérament affirmé) devaient avoir du caractère. Les Kiowas (kiyowa = timoré) devaient être plutôt timorés. Et la liste continue.

Les noms des tribus ont probablement été directement attribués par les Sumera-Mikotos. Même si les tribus ne connaissent plus la signification exacte de leur nom, ils maintiennent celui-ci génération après génération. Il existe aussi des indices matériels expliquant la signification en Japonais des noms tribaux. Par exemple personne ne connaît la signification du nom des Mohicans, une tribu dans la laquelle on porte les cheveux particulièrement longs, mais on peut la retrouver si on se réfère au terme japonais qui signifie « cercle de pierres tombales » (bohi = pierre tombale, kan = anneau). En effet, il y a un ancien monument près de leur village qui s'avère être un ancien cercle de pierres. Dans les temps anciens, la tribu a probablement protégé ce cercle de pierres (5) qui était dédié à leurs ancêtres. Les Sumera-Mikotos, certainement impressionnés par leur sens du devoir, ont donné ce nom à cette tribu qui avait su transmettre aux générations futures le sens du respect envers les ancêtres.

Cercle de pierres Mohican (anneau de pierres tombales), d'après la couverture de la brochure « America's Stonehenge » [Le Stonehenge américain]

Le nom des Powhatans doit probablement signifier « hampe et drapeau », car c'est la même signification en Japonais (bô = bâton, hata = drapeau). Lors d'un entretien avec la doyenne de la tribu des Powhatans, je lui ai demandé si le nom de sa tribu venait de hampe et drapeau. La dame a été très étonnée par mes paroles et m'a montré l'entrée d'une maison où se trouvait une hampe à laquelle flottaient 32 plumes comme des drapeaux, symbole de sa tribu. La hampe était peinte en rouge, ce qui correspond aux Documents Takenouchi dans lesquels il est dit que les ancêtres des Amérindiens viennent du peuple rouge (Hiuke-ebirosu-boston-akahito (hommes rouges) Mittoson). Je n'avais aucun doute sur le fait que les plumes représentaient des drapeaux. Ma théorie se voyait confirmée par cette preuve matérielle. Ce qui m'a le plus impressionné, c'est le fait que la doyenne se désignait elle-même par le mot « rouge » sur sa carte de visite, montrant ainsi la fierté de sa tribu d'appartenir au peuple des hommes rouges. Et effectivement, sa peau était bien rouge, ce qui démontrait la pertinence de cette appellation de peaux-rouges.

Hampe rouge portant 32 plumes (en guise de drapeaux) : symbole de la tribu des Powhatans transmis de génération en génération

Doyenne de la tribu des Powhatans : le mot « rouge » figure sur sa carte de visite

Il semble qu'il y ait encore une autre signification aux noms des tribus. En rassemblant les noms des tribus d'une même région, j'ai trouvé une sorte de message, ou de prédiction. Je vais vous en citer quelques-uns : les Conoy, les Tuscarora, les Powhatans et les Cherokee. En lisant leurs noms à la suite comme une phrase en script romain, cela donne « Conoy Tuscarora Powhatan Cherokee », ce qui en Japonais signifie « konoyo (cette époque), tsuzukudaroka (peut continuer), mohatan (bientôt détruite), kaeroka (retournons au Japon) ». Voilà un message peu encourageant, mais qui s'est révélé être une prédiction précise et exacte si on se souvient que les Amérindiens ont été dépouillés de leurs terres par les colons européens. De plus les Powhatans ont été les premiers à pâtir de l'invasion britannique au XVIIe s. Les Sumera-Mikotos de l'époque ont-ils donné ce nom aux Powhatans parce qu'il pressentait le destin tragique de cette tribu ?

Les Occidentaux blancs ont tué les Amérindiens d'origine japonaise Jômon les uns après les autres (tribu des Powhatans)

Les Documents Takenouchi contiennent principalement des archives se rapportant à la lignée des Sumera-Mikotos, aussi n'y trouve t-on que peu de prédictions, sauf en ce qui concerne certains décrets divins reçus par les Sumera-Mikotos. On peut en déduire que ces décrets divins permettaient au Sumera-Mikoto de prédire l'avenir. Si c'est bien le cas, les noms tribaux amérindiens donnés par les Sumera-Mikotos pouvaient contenir des prédictions.

Mode de vie des Amérindiens déduits d'après les noms de lieux et les noms propres des personnes grâce à la langue japonaise

On se rend compte à présent que les noms des tribus indiennes véhiculent certains aspects de leur histoire. Il en est de même pour les noms propres des personnes, qui contiennent certaines facettes du mode de vie amérindien. Par exemple, les Indiens de la côte Est en particulier ont gardé des noms qui ont un rapport avec les produits agricoles, car il semble qu'ils aient cultivé de riches territoires par le passé. Le nom de la tribu des Potawatomis signifie « récolte riche », et celui des Oneidas « béni et prospère » (on = bienfaits, eiga = prospérité). Le nom des Onondagas signifie que leurs champs étaient riches et emplis de bienfaits. Toute ceci semble suggérer une certaine abondance agricole.

Il y a une coutume peu connue chez les Amérindiens, c'est le fait qu'ils mangeaient du riz. Les tribus indiennes comme les Powhatans, qui vivaient sur la côte Est ou sur le cours moyen du Mississippi consommaient autrefois des céréales, qui semblent être des plantes sauvages cultivées dans des rizières. Il semble que le riz ait fait partie de leur alimentation dans la haute antiquité. Il y a certains noms de tribus qui semblent l'indiquer, comme celui des Cayugas (okayu = porridge de riz) ou des Wampanoags dans le Massachusetts (wappameshi ou wappa = petite boite en bois spéciale pour servir un riz accompagné de poisson et de légumes de saison). Les Wampanoags sont près du Massachusetts, nom qui signifie « détroit où se rassemblent les truites » en Japonais (masu = truites, shû = rassembler, suido = détroit) On n'a aucun mal à s'imaginer d'anciens Amérindiens en train de déguster du riz au wappa cuit avec des truites du Massachusetts.

Récolte en canoë dans les rizières

(extrait de « The Travelers Guide to Native Americans » [Guide de voyage au pays des premiers américains])

Tri du riz, suggérant que le riz était déjà consommé depuis très longtemps

(extrait de « The Traveler's Guide to America » [Guide de voyage en Amérique])

connaissaient une vie prospère grâce à la richesse de leurs territoires. Le nom des Hurons (hurô = jeunesse éternelle, longue vie) laisse penser qu'ils jouissaient d'une grande longévité. D'autres noms nous font remonter à une époque d'abondance. Les Crees (kuri = châtaignes, i = nombreuses) devaient ramasser beaucoup de châtaignes, et les Narragansetts (nara = alignement, gan = oies sauvages, suido = détroit) vivaient peut-être près d'un détroit où on voyait passer les oies sauvages bien alignées à la saison des migrations.

Les noms des tribus révèlent leur physionomie

A gauche, un Indien Pima (temps libre). A droite, un Cree (châtaigne)

A gauche, un Crow (épreuves). A droite, un Apache (excellent)

A gauche, un Iowa (velléitaire). A droite, un Hopi (descendant de Hohi-no Mikoto)

Les noms propres des individus nous révèlent d'intéressantes particularités. Compte tenu du fait que les Indiens n'ont jamais couché leur histoire par écrit, on n'a pas d'autre choix que de s'en remettre à leurs traditions orales et aux rares documents rédigés sur eux par les européens au XVIe s. En examinant les noms propres amérindiens à la lumière de la langue japonaise, j'ai réussi à comprendre certains aspects de leur mode de vie, qui ne peut être connu autrement. La richesse de la terre s'exprimait non seulement dans les noms des tribus, mais aussi dans les noms propres des individus. Par exemple, le nom Werowance (ueru = planter) suggère que les Indiens travaillaient dur pour planter le plus de champs possibles car dans cette terre riche, plus on plantait, plus on pouvait faire de bonnes récoltes. Ce nom m'a donné l'impression que les hommes de cette époque se donnaient du mal dans les travaux de champs. Et ce nom leur aura été donné dans l'espoir que leurs descendants en fassent autant. Le Sumera-Mikoto a certainement encouragé les anciens qui ont dansé devant lui à « voler davantage », et de ce fait, ils ont reçu le nom de Mottotobe (motto = beaucoup, tobu = voler). Il s'agit là de noms pacifiques mais tous ne le sont pas. Il y avait un homme courageux, chef de la confédération des Powhatans qui s'est battu contre les Anglais au XVIIe s. et dont le nom était Opechancanough. Personne ne s'est intéressé à la signification de son nom mais les Japonais peuvent deviner en lui un sens caché, qui devait probablement être « oikaesukotoga kanoda », c'est-à-dire « il est possible de repousser l'ennemi ». Sa tribu l'a nommé ainsi dans l'espoir qu'il repousserait l'envahisseur. Il y a eu un autre homme courageux chez les Powhatans, il s'appelait Tatacoope, et son nom signifie « battons-nous ». Cela nous laisse supposer que ce nom lui a été attribué par sa tribu dans la perspective d'un combat contre un ennemi afin de protéger leur riche territoire. Les Amérindiens ne pouvaient pas gagner contre l'envahisseur occidental parce que c'étaient des peuples pacifiques qui n'ont jamais aimé la guerre, tandis que les Occidentaux sont venus avec un armement moderne. Malgré le combat de ces hommes courageux, la tribu a fini par être détruite conformément à la prédiction contenue dans son nom.

Les Powhatans d'aujourd'hui ont hélas complètement oublié le sens des mots anciens de leur langue. Dans les archives historiques qui se rapportent à cette tribu, il y a une illustration qui représente un homme vêtu d'un grand tablier. La légende indique qu'il s'agit d'un Quiyoughcosuk (saint homme). Mais on pourrait dire « kuiyougu-yogosu-fuku » en Japonais, ce qui signifie « vêtement pour ne pas se tacher en faisant un repas », autrement-dit un tablier. La personne qui a reproduit cette image a dû se méprendre en disant que c'était un saint homme en le voyant habillé quand les membres de la tribu ne portent habituellement pas de vêtements.

A gauche, Werowance (extrait de « The Powhatan Tribe »)

Au centre, Moto-tobe (extrait de « Native American »)

A droite, Quiyoughcosuck en tablier (extrait de « The Powhatan Tribe »)

Les Powhatans ne se sont pas rendus compte de cette erreur parce qu'ils ont oublié leur langue. Quand je leur ai détaillé la signification de chaque mot du point de vue de la langue japonaise, ils ont été complètement abasourdis. Ils m'ont même avoué, l'air triste, qu'ils ne comprenaient plus l'ancienne langue Powhatan. Ils n'ont conservé que des traditions orales et des éléments de culture de la vie quotidienne. Ils ont même beaucoup de difficultés à conserver ces éléments de leur mode de vie à cause de la modernité, tout comme les Aïnous du Japon.

TABLEAU COMPARATIF DES NOMS DE TRIBUS AMERINDIENNES AVEC LEUR SIGNIFICATION EN JAPONAIS 

NOM DE TRIBU

PRONONCIATION JAPONAISE

SIGNIFICATION EN JAPONAIS

ABNAKI

ABUNAKI

Tribu vivant dans une région dangereuse

ALASKA

ARUASHIKA

Tribus vivant près d'un lieu où se trouvent des otaries

ALÉOUTES

ARUITE

Tribu ayant traversé en marchant

ALGONQUIN

ARUGONKIN

Tribu possédant une mine

ARIKARA

ARIKARA

Tribu vivant dans une région sèche

APACHE

APPACHI

Tribu dont les membres sont excellents (Ah, Pacchi = Excellent!)

ARAPAHO

ARAPONE

Tribu qui cultive une terre aride

ASSINIBOINE

ASHINIRIBON

Tribu où l'on s'attache un ruban à la jambe

AZTÈQUE

ASHITEKU

Tribu qui vit dans des maisons en roseau (matériau de construction trouvé sur les berges)

BANNOCK

BANNO-OKU

Tribu qui vit dans les profondeurs de la roche

BEOTHUK

BEOTOKU

Tribu qui largue les amarres

BILOXI

BIROKISHI

Tribu qui vit sur un grand rivage étendu

BORJENO

BOJINO

Tribu qui tient une perche

CADDO

KADO

Tribu à la corne

CARIBOU ESKIMO

KARIBOU ESKIMO

Tribu eskimo qui chasse avec une perche (mangent du foie d'otarie)

CATAWBA

KATAUBA

Il y a un conteur parmi la tribu

CAYUGA

KAYUGA

Tribu aimant le porridge

CHEHALIS

CHEARI

Tribu savante

CHEROKEE

KEROKE

Tribu qui disait « Rentrons chez nous »

CHEYENNE

CHIEINNE

Tribu qui disait « Zut, il n'y a rien » (rien à récolter dans les champs)

CHICKASAW

CHIKASOU

Tribu ayant un étroit lien de sang avec le Sumera-Mikoto

CHINOOK

CHINOOKU

Tribu qui vit à l'intérieur

CHINSIAN

CHINSHIAN

Tribu qui réfléchit profondément

CHIPEWYAN

CHIPPEYAN

Tribu où l'on est petit de taille

CHUMASH MONO

SHUMASUMONO

Tribu qui vit près d'une zone où se rassemblent les truites

COAHUILTECAN

KOGAFUETEKU

Tribu ayant un nombre croissant de descendants

COMANCHE

KOMANCHE

Tribu perdante

CONCHO

KONJYO

Tribu à la volonté forte

CONESTOGA

KONESUTOGA

Tribu à qui il a été demandé « Est-ce cette personne ? »

CONOY

KONOYO

Tribu dénommée « cette époque »

COORA

KO-RA

Tribu réprimandée par le Sumera-Mikoto Kora !

CREE

KURII

Tribu qui mange des châtaignes

CREEK

KURIKUU

Tribu qui mange des châtaignes

CROW

KUROU

Tribu ayant des épreuves (visage très ridé)

DAGRIB

DOGURIBA

Tribu qui mange des glands

ÉRIÉ

ERIE 

Tribu vivant près d'un détroit

ESKIMO

E ASHIKA KIMO

Tribu qui consomme du foie d'otarie

HAÏDA

HAIDA

Tribu qui enlève la peau des animaux et l'écorce des arbres

HIDATSA

HIDATOSA

Tribu à qui il a été dit « hidatosa » (c'était un feu)

HOPI

HOPI

Tribu descendant de Hohi-no Mikoto (famille Sumera)

HUICHOL

FUICHIORU

Tribu qui joue de la flûte

HUPA

FUUBA

Tribu qui vit près d'une rivière où le vent et les vagues sont puissants

HURON

FURO

Tribu à la grande longévité et à la jeunesse éternelle

IOWA 

IYOWA

Tribu à la forte volonté (détermination)

INUIT

INUITO

Tribu qui réside au Nord-Ouest

ILLINOIS 

IRINOISU

Tribu qui vit près d'un détroit

KANSAS

KANSA

Tribu qui porte des épingles à cheveux décoratives

KARANKAWA

KARANKAWA

Tribu qui vit près d'une rivière asséchée (sans eau)

KERESAN

KERESA

Tribu qui a demandé de la nourriture en disant « tabenomo-o wakete-kudasai »

KICKAPOO

KIKUAPO

Tribu à la réputation d'être stupide

KIOWA

KIYOWA

Tribu qui devient faible

KLAMATH

KURAMASU

Tribu qui mange des truites

KOOTENAY

KOTTENAI

Tribu originaire d'une rivière qui ne gèle pas

KOYUKON

KOYU KON

Tribu qui disait « Kiyukon, Kimashitayo, Aatamokimasenka » (viendra, est venu, pourquoi ne viens-tu pas?)

KUTCHIN

KUCCHIN

Tribu qui mange n'importe quoi

KWAKIUTL

KAWAKIRITORU

Tribu qui a la peau qui pèle

LIPAN APACHE

RIPPANA APPACHI

Tribu Apache merveilleuse

MANDAN

MANDAN

Tribu qui a des conversations futiles

MASSACHUSETTS

MASUATSUSETO

Tribu qui demeure près d'un détroit où se rassemblent les truites

MAYA

MAYA

Tribu qui a une véritable prospérité

MENOMINEE

MENOMINE

Tribu qui demeure dans une région où on cultive le riz et où le riz est abondant

METARACATARA

METTARAKATARA

Tribu qui parle de tout et de n'importe quoi (sans faire attention)

MIAMI

MIAMI

Tribu qui fabrique des paniers de bambou pour attraper du poisson

MICMAC

MIKUMAKU

Tribu qui met quelque chose autour du corps pour se protéger

MISSOURI

MIZUOURI

Tribu qui vend de l'eau

MIWOK

MIOUKU

Tribu ayant d'abondantes récoltes (riche)

MODOC

MODOKU

Tribu qui fabrique un poison mortel

MOHAWK

MOHAUKU

Tribu qui mange des plantes aquatiques et des plantes maritimes flottantes

MOHICAN

MOHIKAN

Tribu avec ses pierres tombales disposées en cercle

MONACAN

MONAKAN

Tribu arrivée à mi-chemin d'une action

MONTAUK

MONTAUKU

Tribu qui met la barre haut

MANTICOKE

NANTEKOKE

Tribu à qui on a dit « Nantekoke » (nantekotoda) (Quel est le problème ?)

NARRANGANSET

NARANGANSETO

Tribu qui vit près d'une région où les oies forment une ligne

NASKAPI

NASUKAPI

Tribu à Asuka

NATCHEZ CHOCTAW

NANTATTE CHOKUTOU

Tribu ayant une lignée directe

NAVAJO

(A)NABAYO

Tribu qui vient d'une caverne (Anasachi = caverne bénie)

NISQUALLY

NISHIGAARI

Tribu qui a de la truite

NOOTKA SONGISH

NOTAKA SONGISHI

Tribu qui s'est perdue parce qu'on l'a laissée en arrière

OJIBWA

OJIOBA

Tribu qui ressemble à l'oncle et à la tante du Sumera-Mikoto

OMAHA

OHMAHA

Tribu qui cultive le chanvre

ONEIDA

ONEIDA

Tribu qui consacre des champs sans oublier la gratitude et qui possède de belles rizières prospères

ONONDAGA

ONONDAGA

Tribu qui témoigne sa gratitude pour les bienfaits apportés par les rizières. Rizières bénies et riches

OSAGE

OSAGE

Tribu qui se coiffe en faisant des nattes de chaque côté

OTTAWA

OTTAWA

Tribu ayant quelqu'un qui ressemble à un oncle ou à une tante (Ottawa = il y avait quelqu'un là)

PEQUOT

PEKODA

Tribu qui vit dans un port près du bord de mer

PIMA

PIMA

Tribu qui a beaucoup de temps libre

POMO

POMO

Tribu qui vit près d'une zone où les récoltes poussent mieux

POTAWATOMI

POTAWATOMI

Tribu riche, qui reçoit les bienfaits de ses rizières

POWHATAN

POUHATAN

Tribu qui possède le symbole de la hampe et des drapeaux. « Mou hatan suru » (qui sera bientôt détruite)

QUAPAW

KAPPA

Tribu qui se coupe les cheveux au carré

QUILEUTE OKANAGAN (2 tribus de l’État de Washington, N.d.T.)

KUIRUTE OHKINAGAN

Tribu qui mange de grandes oies

SALINA

SARINA

Tribu à qui on a dit « sarina » (partez)

SÉMINOLE

SAMINORE

Tribu qui disait « senakano mini nore » (aller sur l'arrière)

SÉNÉCA

SENEKA

Tribu qui vit sur la crête d'une montagne

SHASTA

SHATTA

Tribu qui vit sur la partie basse du versant d'une montagne

SHAWNEE

SHOUNE

Tribu à la volonté forte

SHOSHONE UTE (2 tribus des Grandes Plaines, N.d.T.)

SHOSHONE UTE

Tribu qui a dit « shosho ute » (frappe parfois)

SIOUX

SHIOUKU

Tribu qui possède du sel tiré du sol

SQUAMISH

(A)SUKAUMISHI

Tribu qui vit près d'un bord de mer où les otaries mettent bas

TAMAULIPEC

TAMAURIPEKKU

Tribu qui vend des bijoux

TILLAMOOK

(U)CHIRAMO-OKU

Tribu qui vit aussi à l'intérieur

TLINGIT

TORIKITE

Tribu qui mange des oiseaux qui volent vers eux

TONKAWA

TOMUKAWA

Tribu qui vit près d'une rivière riche

TUSCARORA

TSUZUKAROKA

Tribu qui disait « tsuzukarouka » (cela peut-il continuer ?)

WAMPANOAG

WAMUPANOAJI

Tribu qui aime le « riz Wappa » (spécialité japonaise de riz dans un récipient spécial en bois)

WAPPINGER 

WAPPINJYA

Tribu qui disait « ware ware pintoshiteirunjya » (nous allons très bien)

WINNEBAGO

WINNEBAKO

Tribu qui plante et récolte la feuille de tabac (cigarette)

YAQUINA

YA KINA

Tribu qui encourage les gens à « Ya kina » (Allons, venez)

YAKUNA

YA KUINA

Tribu qui dit aux gens « Ya kuina » (Allons, mangez)

YAQUI

YAKUI

Tribu qui brûle les champs

YAVAPAI

YABAPAI

Tribu qui ne fait pas de bonnes choses (bapai = yabai = choses dangereuses)

YUKON

YUKON

Tribu qui disait « iko » (allons-y)

YUROK

YURU OKU

Tribu qui vit au coeur de la forêt, à l'écart d'une rivière qui s'écoule lentement

ZUNI

ZUNI

Tribu qui est devenue snob (zu = snob)

Note: certains noms peuvent être prononcés de différentes façons, comme par exemple Missouri, qui peut être prononcé Mizu-ri ou Mizouri. Les noms de tribus de ce tableau sont conformes à l'orthographe admise en Français.

Le dernier Indien, Ishi, menait un style de vie japonais

Il a déjà été mentionné que certains Amérindiens employaient le mot « ishi » pour dire « pierre ». Il existait aussi un Amérindien qui s’appelait Ishi. On dit qu'Ishi était le dernier Indien vivant à Oroville, dans le Nord de la Californie, à avoir préservé son style de vie traditionnel sans renoncer à sa culture natale. Aujourd'hui, le plus grand barrage des États-Unis a été construit à Oroville, engloutissant un ancien territoire. Il existe à côté du barrage un musée commémoratif qui montre comment il vivait.

Je regardais l'exposition en me demandant pourquoi il s'appelait Ishi. En me basant sur les explications données au musée, j'ai réalisé qu'il se servait du même outil de pierre qui était en usage au Japon à l'Age de Pierre. Et il s'est peut-être appelé Ishi en raison de son habileté à manier cet outil de pierre. Il chassait à l'arc, attrapait du poisson dans la rivière, et découpait ses proies à l'aide de sa pierre. Il n'y a pas que son outil de pierre qui a retenu mon attention, il y avait aussi un panier qui lui servait à transporter le poisson après la pêche. Ce panier ressemblait beaucoup à un panier en « biku » (panier d'osier) utilisé au Japon pour transporter le poisson. L'endroit où il vivait s'appelait Yana. Ceux qui connaissent la pêche au Japon savent que « yana » en Japonais signifie « nasse », un piège pour poisson fait de branches et de bambou plongé dans la rivière. Il n'y a pas de preuve matérielle que les Amérindiens ne servaient de nasses (yana) pour attraper le poisson, mais on peut supposer que ce nom a été donné parce qu'on se servait de nasses à cet endroit.

L'auteur au musée d'Ishi, à côté du portrait d'Ishi

Beaucoup d'autres outils de pierre m'ont fait penser à ceux du Japon. Par exemple il y avait une hachette. La hachette de pierre, qui servait à écorcer les arbres, ressemble beaucoup à la « chouna » japonaise. En Anglais, une hache peut aussi être appelée hachette, mot dont la sonorité ressemble à « hasshota ». Le mot hachette existe aussi en Français et en Allemand. « Chouna » peut très bien dériver de « hasshorunata ». Le mot « hasshoru » est fréquemment utilisé pour exprimer que l'on tranche ou qu'on oublie quelque chose, et donc ce mot doit dériver d'un terme signifiant couper. Le terme anglais « cut short » (écourter, couper court) pourrait provenir de « hasshota » puisqu'il est toujours utilisé pour désigner une petite partie d'un objet coupée d'un objet plus long. Quoi qu'il en soit, il semblerait que les mots « ishi » et « hasshota » proviennent du Japon et qu'ils se sont répandus dans le monde entier.

Hachette appelée « hasshota »

Les Indiens d'Amérique faisaient du feu par friction sur une plaquette de bois appelée table à feu. J'étais stupéfait parce que je connaissais un temple Shinto au Japon où le même outil était utilisé comme objet rituel pour pour faire le feu.

Le temple Shinto auquel je fais référence est le temple d'Ise, où est enchâssé Amaterasu (Soleil, Feu), divinité de la famille impériale japonaise. Au cours des rituels, le feu est produit de la même façon que les Amérindiens. Le temple d'Ise a conservé les traditions de l’Époque Divine de l'antiquité. Autrement-dit, la technique pour faire le feu a été transmise en Amérique depuis le Japon.

Outil utilisé pour allumer le feu au cours du rituel du feu au temple d'Ise

Rituel du feu au temple d'Ise

Les ancêtres des Amérindiens utilisaient le même outil pour faire le feu

On pense que des Japonais ont émigré en Amérique du Nord en emportant cette tradition avec eux

Oroville signifie littéralement « village de l'or » (oro = or, ville = village). J'ai regardé sur une carte le nom original de ce village, qui était Konkow. Et par une étrange coïncidence, « kon kô » en Japonais, qui a presque la même prononciation que Konkow, signifie également« minerai » et « or ». Donc le village de l'or est un village où il y a de l'or. J'étais heureux d'avoir trouvé cela, comme si j'avais vraiment trouvé de l'or. Encore une preuve supplémentaire qui confirme le lien antre le Japon et des Indiens d'Amérique.

Mais ce qui m'a encore plus surpris, c'est le rocher qui se trouve dans la cour du musée commémoratif. On ne sait pas comment ni pourquoi ce rocher est arrivé là, ni si quelqu'un l'a amené là. Mais j'ai trouvé sur la surface de la roche une gravure qui représente une divinité en forme de dragon. Il y avait plusieurs petits rochers tout autour du site, et mon intuition m'a dit que ce lieu devait être un « iwakura » (6), c'est-à-dire un endroit où un dieu s'assoit calmement. Et le centre de cet iwakura c'était ce rocher. Quand je me suis rapproché du rocher, j'ai trouvé un trou circulaire à son sommet, et j'ai clairement vu une gravure en forme de vague partant du sommet, et une autre en forme de diamant partant du milieu jusqu'en bas. À droite du dessin en forme de diamant, il y avait des zigzags, suggérant un éclair et la pluie, avec une nombre incalculable de lignes droites. « Il n'y a aucun doute, cela représente un dieu dragon ! Les zigzags et les stries sur la droite représentent la pluie et les éclairs, montrant la puissance du dieu dragon, et le dessin en forme de diamant qui suit doit être le corps du dragon », me suis-je dit. Convaincu de cela, je me suis demandé ce qui se passerait si on versait de l'eau depuis le haut du rocher où se trouvait le trou. Quand j'ai versé l'eau, elle s'est mise a couler le long des zigzags et du motif en forme de diamant, montrant clairement la forme du dieu dragon. Au début, je n'avais pas compris pourquoi le motif du diamant représentait un dragon. Le lendemain, tandis que je prenais ma douche, je me suis rappelé que chez les Mayas le motif du diamant représentait les écailles du dragon. Au Japon il y a une famille qui a dans ses armoiries une combinaison de triangles pour représenter les écailles. Les Amérindiens avaient combiné deux triangles et répété plusieurs fois le motif du diamant pour représenter le corps du dragon. J'ai pensé à cela sous la douche. Ce dieu dragon est peut-être un de ceux qui contrôlent l'eau.

Curieusement, Oroville est située dans une région qui constitue un réservoir d'eau pour la Californie. C'est un endroit où l'eau occupe une place importante et où se trouve le rocher avec le pétroglyphe du dragon, situé sur une colline dominant le barrage. Si j'ai pu voir cette roche au dragon, c'est grâce à Henry Aihara, enseignant au Vega Macrobiotic Insitute d'Oroville, qui m'avait invité en me disant simplement qu'il y avait un pétroglyphe au Musée d'Ishi et qu'il voulait m'y amener.

Quand j'ai expliqué mon histoire à M. Aihara, sa femme a promis d'honorer la divinité de la roche au dragon par une offrande de riz rouge les 1er et 15 de chaque mois au rocher. La divinité dragon d'Amérique ainsi que les ancêtres amérindiens qui ont gravé cette figure de la divinité dans la pierre devraient être très satisfaits.

Réservoir d'eau (Mizugame) de Californie : roche cultuelle au Memorial Museum d'Oroville, sur laquelle est gravé un dragon

L'auteur à côté d'un Mizugame (récipient à eau) en Californie : pierre cultuelle sur laquelle est gravé un dragon au Memorial Museum d'Oroville

Dans cette région sacrée, on a découvert plusieurs cercles de pierres où sont enchâssés des ancêtres amérindiens. À ma grande surprise j'ai appris que le nom académique de ces pierres était « ogham », ce qui signifie « vénérer » en japonais. C'est difficile à croire, mais c'est la vérité. Pour moi il n'y a aucun doute sur le fait que de mot est dérivé du mot japonais « ogamu ». Les Amérindiens ont enchâssé une divinité dragon sous la forme d'un rocher, qu'il ont vénéré dans l'espoir d'abondantes récoltes.

La cour du musée est de forme circulaire avec un pavement de pierre formant les seize rayons du soleil. L'association d'un culte à une divinité dragon et des seize rayons de soleil de la cour protégeant la citerne de Californie en font un endroit particulièrement sacré. On ne sait pas qui a fait les plans du Musée. Si j'avais interrogé la personne qui a dessiné la cour (en espérant que son dessin soit basée sur mes propres croyances) on m'aurait probablement répondu qu'il s'agissait d'une coïncidence. Mais derrière ce genre de coïncidence je sens qu'il y a des arrangements de Dieu. Cette divinité dragon gravée dans le rocher a fait l'objet d'un rapport à la Société Japonaise des Pétroglyphes de la part de Nobuhiro Yoshida, un ami qui est un chercheur éminent en matière de pétroglyphes.

Cour de forme circulaire

Pour une raison quelconque, le pavement de pierre autour de la roche de la cour a la forme des 16 rayons du soleil

L'auteur en train de faire des recherches sur le cercle de pierres se trouvant à proximité du rocher à la divinité dragon